Je fais ce post à la fois comme témoignage de ce que j’ai vécu chez Alten et pour dénoncer des pratiques que j’ai vues ou dont des collègues directement concernés m’ont parlé. J’y ai passé plusieurs années. J’ai beaucoup donné à cette boîte, beaucoup trop avec le recul, et j’en suis sortie en très mauvais état, Jusqu’à la dépression. Yay.
Pendant longtemps j’ai cru que c’était ma faute, que j’étais nul, car c’est ce qu’on essaie de vous faire croire. Mais non. Y a surtout des pratiques et un système qui rendent ce genre de situations possibles.
Un des trucs qui pipe les dés et ce des le debut, la base d'alten, et c’est répandu chez les ESN, c’est d’être managé par des commerciaux dont les dents percent le parquet ainsi que celui du dessous. La personne qui doit faire du chiffre et de la marge avec toi peut aussi avoir son mot à dire sur ton augmentation, ton évolution, les missions qu’on te propose et parfois même la manière dont ton départ va être géré. Leur phobie: l’intercontrat. Quand tout va bien et que tu factures, aucun problème. Quand tu commences à moins arranger, par exemple ça se passe mal avec un client qui te traite comme de la m*rde, les ennuis commençent. Mais pas pour le client. → C’est un fonctionnement qui donne énormément de pouvoir à des gens dont les objectifs commerciaux ne sont pas forcément alignés avec ton intérêt à toi.
Quelques joyeusetés que j’ai vécues ou vues autour de moi :
- les refus d’augmentations avec culpabilisation du salarié: “Si je te donne plus, les autres auront moins”, “tu avais déjà eu une bonne augmentation l’an dernier” (alors qu’ALTEN propose des salaires plutôt bas…). Le commercial qui juge tes performances ne sait même pas vraiment ce que tu fais chez ton client. Déjà, s’il se souvient de qui tu es c’est pas mal…
- pressuriser les gens en intercontrat à mort, surtout si tu tombes sur un manager au placé. A l’inverse t’as des gens en intercontrat pendant des mois ils sont tranquille et vivent leur meilleure vie. J’ai eu le bonheur d’avoir 1 jour de répit avant de me faire forcer la main à mort pour une mission qui avait une réputation horrible, et qui avait mis un tiers des consultants me précédent en arrêt. Et moi je peux pas me permettre de me faire licencier donc j’ai dit oui, et ce fut une descente aux enfers.
- la passion pour le renoncement aux jours de fractionnement. Pour éviter d’avoir à t’offrir les deux jours de congés auxquels tu as droit en posant en dehors de la période entre mai et octobre, on t’impose, on te relance, pour que tu rédiges un mail selon lequel, “de ta propre initiative” (lol), tu renonces aux jours de fractionnement. Je crois que c’est illégal. D’ailleurs c’est aussi dans les contrat de travail.
- forte inégalité de traitement entre les équipes. Machin connait tel manager, donc même en démarrant une nouvelle mission, il est exempt de faire un mois de présentiel obligatoire, au contraire des autres consultants. Tel manager est permissif sur le télétravail donc chacun fait ce qu’il veut (tant mieux pour eux), mais toi tu tombes sur celui qui préfèreras que tu contamines tout l’open space avec ton covid plutôt que tu oses faire un jour de télétravail non prévu.
- les augmentations dérisoires
- le turnover des commerciaux et donc de tes managers
- les rendez-vous où tu ne sais pas vraiment pourquoi on te convoque, un vendredi à 17h. Toi tu arrives sans préparation, et en face le commercial sait exactement ce qu’il veut obtenir de l’entretien. Ca en a détruit des gens. Oh, ça oui.
- énormément de choses sensibles dites uniquement à l’oral. Les pressions, certaines menaces, les phrases bien limites... curieusement ça laisse rarement une jolie trace écrite, tien donc
- les missions à l’autre bout de la France. Quelle incroyable coïncidence : parmi tous les consultants disponibles à cet endroit, c’était forcément toi qu’il fallait envoyer là-bas ! Derrière il y a la clause de mobilité géographique, donc si tu dis non, on peut de virer. Ils ont d’après les rumeurs usé de ce stratagème à tour de bras pendant le covid, plutôt que de faire un plan social. Apparemment certaines missions proposées étaient factices (dixit une collègue qui a dit oui à une dizaine de missions, sans jamais aucune suite).
- la possibilité de choisir ses missions. Oui, tu choisis, tant que ton choix à ce que ton manager veut. Quand ils veulent vraiment te mettre quelque part, tes envies de carrière deviennent rapidement secondaires
- être vendu sur un profil qui n’est pas vraiment le tien. Au client on présente quelqu’un qui coche miraculeusement les cases demandées, puis une fois sur place c’est au consultant de se débrouiller. Des managers demandent aux consultants de mentir au client !!!! peu importe tant qu’on gagne le contrat.
- et le harcèlement. Quand tu remontes des faits et que la personne en face pèse plus lourd que toi, tu peux découvrir assez vite à quel point ta parole vaut peu. Minimisation, remise en question de ce que tu racontes, tentative de te faire douter de ta propre perception. Si vous vivez ça, parlez-en autour de vous et faites-vous accompagner. Ne restez surtout pas seuls avec leur version des faits. Moi ça m’a détruit.
Je poste ici parce que je pense qu’il faut nommer les entreprises et rendre ce genre de pratiques visibles. Quand chacune de ces histoires reste entre un consultant et son commercial, c’est hyper facile de faire croire que c’est juste un problème individuel. Quand les gens commencent à raconter ce qu’ils ont vécu et à comparer leurs histoires, on se rend parfois compte que les mêmes méthodes reviennent.
Donc si vous avez bossé chez Alten et vécu des dingueries dans d’autres ESN, n’hésitez pas à partager. Ca fait du bien de savoir qu’on est pas seul.
Et pour rire un bon coup, je ne peux que vous recommander de lire Le Livre Noir du Consulting, déjà 20 ans et les choses n’ont toujours pas changé.